Peu de documents techniques font l’objet d’autant d’interrogations chez les artisans que le DTU 20.12, qui régit la maçonnerie des murs en petits éléments. Quelles contraintes se cachent derrière la construction de ces murs porteurs et comment s’assurer que les travaux respectent les normes sismiques et mécaniques actuelles ? Ce texte s’adresse notamment à ceux qui souhaitent comprendre les règles encadrant la pose de briques, blocs de béton ou béton cellulaire dans des environnements parfois soumis à des contraintes fortes notamment en zone sismique. Avec des exigences précises pour les chaînages, la résistance des matériaux et leur mise en œuvre, ce DTU joue un rôle fondamental dans la qualité et la durabilité du gros œuvre.
Les atouts et périmètre du DTU 20.12 pour les murs en petits éléments
Avant d’engager la construction ou la rénovation, une lecture concentrée des prescriptions de ce DTU s’avère judicieuse. Voici les principaux points à retenir :
- Utilité du DTU 20.12 : encadrer la mise en œuvre de la maçonnerie destinée à supporter les structures, en garantissant sécurité et stabilité.
- Travaux concernés : murs porteurs en briques, blocs béton, béton cellulaire, notamment dans le cadre de toitures sur lesquelles un revêtement d’étanchéité sera appliqué.
- Points de vigilance : dimensions minimales des chaînages, qualifications des matériaux avec marque NF, conformité aux normes européennes NF EN 771, résistance mécanique, et dispositions face aux risques sismiques.
Spécificités techniques et contraintes des matériaux de maçonnerie
Le DTU 20.12 détaille plusieurs règles précises liées à la qualité et à la résistance des matériaux employées. Si l’on prend l’exemple du béton cellulaire, il faut respecter une épaisseur minimale de 25 cm avec une résistance moyenne normalisée parallèle à la face de pose de 2,83 MPa. Pour les blocs porteurs certifiés NF ou marqués NF S pour la sismicité, la résistance perpendiculaire minimale attendue est de 4 MPa, correspondant à une résistance caractéristique Rc ou moyenne Rm de 3 MPa, norme harmonisée avec les Eurocodes.
- Blocs porteurs certifiés : NF S pour sismicité, conforme aux NF EN 771 et Eurocode 8.
- Résistance mécanique : f_b,min = 4 MPa perpendiculaire à la pose, f_bh,min = 1,5 MPa parallèle, excepté pour béton cellulaire à 2,83 MPa.
- Épaisseurs minimales : 25 cm pour béton cellulaire, tailles adaptées pour briques et blocs béton selon application.
Chaînages en zone sismique : exigences et applications concrètes
La maçonnerie en zones sismiques se distingue par des prescriptions renforcées. La section minimale des chaînages horizontaux doit être de 15 cm de large et de hauteur, avec un minimum de 4 barres d’acier HA de 10 mm de diamètre. Pour les chaînages verticaux réalisés à l’aide de blocs à chaînage, la section carrée ou circulaire est également de 15 cm minimum. Ces dimensions garantissent la continuité structurelle indispensable pour contrer les mouvements dus aux séismes.
- Dimensions des chaînages horizontaux : 15 cm x 15 cm, avec 4 barres Φ10 HA minimum.
- Chaînages verticaux : section ≥ 15 cm carré ou circulaire.
- Importance des murs chaînés : seuls les murs continus et chaînés sur toute la hauteur contribuent efficacement au contreventement.
| Type de Chaînage | Dimension Minimum | Armature Acier | Condition |
|---|---|---|---|
| Chaînage horizontal | 15 cm x 15 cm | 4 barres Φ 10 HA | Zone sismique |
| Chaînage vertical | 15 cm (carré ou circulaire) | Armature d’acier spécifique | Réalisation avec blocs à chaînage |
Normes parasismiques et évolution règlementaire
Les règles Parasismiques Maisons Individuelles (PSMI), applicables à certaines maisons à architecture simple, proposent une déclinaison forfaitaire des exigences Eurocode 8. Ces règles, officiellement intégrées depuis l’arrêté du 22 octobre 2010, déterminent notamment la quantité d’acier à poser dans les chaînages et leur positionnement selon la zone sismique. Depuis début 2021, les PSMI ont été remplacées par les règles CPMI, reprenant les mêmes principes forfaitaires. Ces modifications rappellent l’importance d’une actualisation constante des pratiques, notamment en maçonnerie, pour rester parfaitement conforme aux exigences de sécurité.
- PSMI : règles forfaitaires basées sur Eurocode 8, adaptées aux maisons individuelles simples.
- Remplacement par CPMI en 2021 : maintien du principe de règles forfaitaires.
- Obligation réglementaire : intégration au Code de la Construction obligatoire depuis 2010.
Réalisation des acrotères dans le cadre du DTU 20.12
Le DTU 20.12 ne prévoit pas la mise en œuvre des acrotères en maçonnerie creuse. Ceux-ci doivent être réalisés en béton armé selon les principes de ce même DTU. Il reste possible, sous conditions strictes, de bâtir des acrotères en blocs ou briques à bancher, en se référant aux règles professionnelles de l’UMGO-FFB. Ce qui marque une limite claire dans la norme pour ce type d’ouvrage, souvent critique dans la réalisation des toitures-terrasses.
- Acrotères en béton armé : règle standard selon NF DTU 20.12.
- Acrotères en maçonnerie creuse : non couvert par le DTU 20.12, alternatives possibles avec blocs ou briques à bancher.
- Référence complémentaire : Règles professionnelles UMGO-FFB pour acrotères en maçonnerie.
Pratiques recommandées et retours d’expérience
D’après mon expérience sur le terrain, la non-conformité aux prescriptions de ce DTU, notamment dans les chaînages et le choix des matériaux, génère des pathologies prématurées, telles que fissurations ou affaiblissement structurel des murs. Les marques reconnues telles que Wienerberger, Terreal, Imerys, Bouyer Leroux, Lafarge, et Rairies Montrieux produisent des blocs et briques aux caractéristiques certifiées. Pour les mortiers et enduits, les références PRB, Kerakoll, Weber (Saint-Gobain) ou Parex assurent une complémentarité technique adaptée.
- Sélection rigoureuse des matériaux : préférer les produits marqués NF et issus de fabricants référencés.
- Respect strict des dimensions de chaînages : pour garantir la continuité et la résistance des murs.
- Application des mortiers adaptés : selon les recommandations des fournisseurs spécialistes.
| Produit | Type | Certifications/Normes | Usage conseillé |
|---|---|---|---|
| Wienerberger | Briques | NF EN 771, NF S | Murs porteurs |
| Terreal | Blocs béton | NF EN 771 | Murs extérieurs porteurs |
| PRB | Mortiers | CE, NF | Jointoiement et enduits |
| Weber (Saint-Gobain) | Enduits et colles | CE | Finitions extérieures et intérieures |
Questions fréquentes sur le DTU 20.12 pour la maçonnerie
Quelle est la résistance minimale requise pour les blocs en maçonnerie selon le DTU 20.12 ?
La résistance moyenne normalisée perpendiculaire à la pose doit être d’au moins 4 MPa, tandis que la résistance parallèle à la face de pose doit atteindre 1,5 MPa. Pour le béton cellulaire, cette dernière est de 2,83 MPa avec une épaisseur minimale de 25 cm.
En zone sismique, quelles sont les dimensions minimales des chaînages ?
Les chaînages horizontaux doivent avoir une section de 15 cm par 15 cm avec une armature au minimum composée de 4 barres de 10 mm de diamètre HA. Les chaînages verticaux doivent aussi avoir une section minimale de 15 cm, qu’ils soient carrés ou circulaires.
Les acrotères peuvent-ils être réalisés en maçonnerie creuse d’après le DTU 20.12 ?
Le DTU 20.12 ne prévoit pas la mise en œuvre d’acrotères en maçonnerie creuse. Ils sont réalisés en béton armé suivant ce même DTU ou, sous conditions, en blocs ou briques à bancher selon les Règles Professionnelles UMGO-FFB.
Quelles normes remplacent les PSMI depuis 2021 ?
Depuis le 1er janvier 2021, les règles CPMI ont pris le relais des PSMI, conservant le principe de règles forfaitaires adaptées à la construction parasismique des maisons individuelles simples.
Quels fabricants sont recommandés pour la maçonnerie conforme au DTU 20.12 ?
Des fabricants tels que Wienerberger, Terreal, Imerys, Bouyer Leroux, Lafarge ou Rairies Montrieux fournissent des matériaux certifiés adaptés. Pour les mortiers et enduits, les références reconnues incluent PRB, Kerakoll, Weber (Saint-Gobain), et Parex.