DTU 39.1 : comprendre les exigences pour les travaux de vitrage et de façades légères

La question que tous se posent avant d’engager des travaux de vitrage concerne les exigences normatives à respecter pour garantir la qualité et la sécurité des installations. Le DTU 39.1, qui régit les travaux de vitrerie et de façades légères, joue un rôle fondamental dans la définition de ces exigences techniques. Depuis sa révision en octobre 2006, cette norme s’est adaptée aux évolutions du marché européen, intégrant de nouvelles pratiques, matériaux et contraintes réglementaires. Son champ d’application inclut la mise en œuvre des vitrages dans tous types de bâtiments, que ce soit en construction neuve, rénovation ou entretien. Ses prescriptions concernent aussi bien les matériaux que leur mise en place, en précisant des règles sur l’étanchéité, la résistance aux contraintes thermiques ou encore la sécurité des personnes.

Reposant sur une organisation structurée en cinq parties distinctes, le DTU 39.1 détaille les obligations à respecter depuis le choix des matériaux jusqu’aux vérifications dimensionnelles des vitrages. La norme vise notamment à encadrer la pose des vitrages en feuillure et les façades légères à vitrage supporté ou suspendu, tout en intégrant des notions essentielles telles que les pentes minimales des verrières (à partir de 5°) ou la prise en compte des actions de la neige et du vent. Cette mise à jour a également introduit une approche technique compatible avec les exigences européennes, notamment en matière de classification des vitrages feuilletés selon les normes NF EN 12600 et NF EN 356, jugées cruciales pour la protection contre les chutes et blessures.

Trois critères techniques à absolument vérifier avant de démarrer un chantier de vitrerie ressortent : la compatibilité des matériaux avec les conditions d’exposition (UV, humidité), le respect des pentes minimales pour éviter toute infiltration, et la justification des performances mécaniques des vitrages par essais normalisés. Ces aspects sont parfois négligés et peuvent compromettre la durabilité des ouvrages et la sécurité des usagers.

Les exigences principales du DTU 39.1 pour les travaux de vitrage et façades légères

Le DTU 39.1 définit précisément les règles de mise en œuvre des travaux de vitrerie, couvrant la sélection des matériaux comme les verres simples, feuilletés ou isolants, ainsi que les systèmes d’étanchéité et les fixations.

  • Utilité du DTU : encadrer techniquement la mise en œuvre des vitrages en tenant compte des contraintes climatiques et d’usage.
  • Travaux concernés : installation de vitrages en feuillure, façades légères, verrières inclinées, devantures commerciales, vérandas.
  • Points de vigilance : respecter les pentes minimales de verrières (au moins 5°), utiliser les intercalaires adaptés sur les vitrages feuilletés, garantir l’étanchéité des joints et justifier les propriétés mécaniques conformément aux normes en vigueur.
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Les cinq parties du DTU 39.1 : contenu et application sur chantier

La norme DTU 39.1 est structurée en cinq sections qui couvrent toutes les étapes nécessaires à la bonne réalisation des travaux :

  1. P1-1 : Cahier des clauses techniques – Précise les conditions de mise en œuvre, les systèmes d’étanchéité selon l’exposition au vent et à la pluie, les tolérances admissibles sur les cales et supports, ainsi que les règles pour les vitrages dans les locaux humides.
  2. P1-2 : Critères généraux de choix des matériaux – Enumère les caractéristiques techniques des produits compatibles : vitrages isolants, feuilletés variés (PVB, EVA, gels intumescents), mastics, cales, fixations, en tenant compte des normes européennes harmonisées.
  3. P2 : Cahier des clauses spéciales – Définit les prescriptions particulières suivant les types d’ouvrages et contextes d’application spécifiques.
  4. P3 : Mémento calcul des contraintes thermiques – Donne les méthodes pour évaluer les risques liés aux variations thermiques sur les vitrages, incluant les surfaces non-rectangulaires et les fenêtres coulissantes.
  5. P4 : Mémento calculs pour le dimensionnement de vitrages – Clarifie les règles pour déterminer l’épaisseur des verres selon la carte des zones d’exposition à la neige et au vent, en intégrant la nature du vitrage et les critères de déformation admissibles.
  6. P5 : Mémento sécurité – Concerne les exigences de sécurité pour protéger les personnes des risques de chutes ou blessures, imposant notamment des vitrages feuilletés de sécurité dans les toitures inclinées exposées à des zones à activité.

Choix des vitrages et matériaux selon la norme : spécificités techniques et vérifications

Le passage d’une version ancienne à la norme en vigueur a élargi les options pour les vitrages feuilletés en autorisant l’usage de divers intercalaires au-delà du traditionnel PVB clair : PVB coloré, EVA clair, gels intumescents et résines méthacrylates. Ce point fait réellement la différence pour adapter la sécurité et l’esthétique aux exigences du chantier.

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De plus, les classes de résistance aux chocs sont aujourd’hui encadrées par les normes (NF EN 12600, NF EN 356), intervenant notamment pour la sécurité autour des garde-corps ou vitrages en toiture. Pour être précis, le marquage CE ne garantit plus physiquement la présence de l’information sur chaque volume livré, ce qui exige une traçabilité rigoureuse par l’entreprise responsable du chantier.

Attention à ce détail souvent oublié : les verres destinés aux toitures ou façades inclinées supérieures à 5° en zone d’activité doivent impérativement être feuilletés en verre de sécurité intérieur, afin d’éviter tout risque de blessure en cas de bris.

Étanchéité, pentes, et mise en œuvre : points critiques à respecter

L’étanchéité est une notion clé du DTU 39.1, laquelle dépend de la pente minimale des verrières, située à 5° (8,7 %) par rapport à l’horizontale. Une inclinaison inférieure est permise uniquement avec des études spécifiques garantissant la durabilité et l’absence d’infiltrations.

Les cales, mastics et joints doivent être sélectionnés en fonction de leur résistance aux UV et aux contraintes mécaniques. Par exemple, dans les locaux humides comme les piscines, le scellement doit être réalisé exclusivement avec du silicone pour assurer la pérennité.

Pour les vitrages verticaux en feuillure, la norme précise les conditions d’implantation des cales ainsi que les tolérances dimensionnelles pour maintenir une bonne répartition des contraintes.

Aspect Prescriptions DTU 39.1 (2006) Références normes associées
Pente minimale verrière ≥ 5° (soit 8,7%) DTU 39.1 P1-1
Intercalaires feuilletés compatibles PVB clair, PVB coloré, EVA clair, gels intumescents, résines méthacrylates NF EN 12600, NF EN 356
Étanchéité scellements locaux humides Silicone exclusivement DTU 39.1 P1-1
Classement résistance choc vitrage sécurité Selon essais P08-302, NF P 01-013 NF EN 12600, NF EN 356
Dimensions cales vitrages Respect des tolérances précisées dans DTU 39.1 DTU 39.1 P1-1

Éléments de calcul thermique et dimensionnement des vitrages

Le DTU 39.1 s’appuie sur la norme NF P 78/201-1/A1, datée de 1998 mais amendée, pour définir les contraintes thermiques auxquelles les vitrages doivent répondre. Ces calculs visent à prévenir la déformation excessive ou la rupture liée à des variations de température trop rapides ou inégales.

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Le dimensionnement des épaisseurs suit quant à lui les indications du DTU 39 en vigueur avant 2006, en tenant compte de manière détaillée des zones géographiques concernées par les chargements neige et vent, ainsi que des formes spécifiques de vitrages, incluant les formes non rectangulaires (trapézoïdales, triangulaires…).

Techniquement parlant, ce niveau de détail dans les calculs et la prise en compte d’éléments comme les stabilisateurs verriers sans éclissage constituent un point différenciateur pour garantir la pérennité et la sécurité structurelle des ouvrages verriers.

Liste des points de vigilance à respecter sur chantier selon DTU 39.1

  • Respecter la pente minimale de 5° pour toutes les verrières, sauf étude spécifique rigoureuse.
  • Vérifier la traçabilité complète des vitrages de sécurité, surtout lors de l’importation.
  • Engager une étude particulière pour les vitrages dans locaux humides, en exigeant des scellements silicones.
  • Choisir les cales selon les tolérances dimensionnelles indiquées pour assurer une pose correcte.
  • Appliquer les normes européennes NF EN 12600 et NF EN 356 pour tous les vitrages de sécurité destinés à la protection des personnes.
  • Prévoir des études spécifiques pour toute verrière en pente inférieure à 5° pour éviter les risques d’infiltrations et de dégradation.

Quelles sont les normes associées au DTU 39.1 ?

Le DTU 39.1 est associé aux normes européennes NF EN 12600 et NF EN 356 concernant notamment la sécurité des vitrages feuilletés, aux essais P08-302 et NF P 01-013 pour la résistance aux chocs, ainsi qu’à la norme NF P 78/201-1/A1 pour les contraintes thermiques.

Peut-on installer une verrière avec une pente inférieure à 5° ?

Le DTU 39.1 fixe la pente minimale des verrières à 5° par rapport à l’horizontale. Une pente inférieure peut être envisagée uniquement si une étude spécifique garantit l’étanchéité et la durabilité.

Quels intercalaires sont autorisés pour les vitrages feuilletés ?

Les intercalaires acceptés comprennent le PVB clair et coloré, l’EVA clair, les gels intumescents pour protection incendie, et les résines méthacrylates, ce qui élargit les choix en fonction du contexte d’utilisation.

Comment garantir la sécurité des personnes lors de l’utilisation de vitrages en toiture ?

Le DTU 39.1 recommande l’emploi de vitrages feuilletés de sécurité, surtout pour les toitures ou façades inclinées à plus de 5°, afin de réduire les risques de blessures dues à des chutes ou bris de verre.

Quels matériaux choisir pour les scellements dans les locaux humides ?

Dans les environnements comme les piscines, le DTU 39.1 prescrit l’usage exclusif de silicone pour le scellement des vitrages isolants afin d’assurer longévité et étanchéité.